Challenges

Est-ce possible, citoyens au pouvoir ?

Est-ce possible, citoyens au pouvoir ? 666 964 Lhoëst Jean

Dans cette chronique, je décris, à titre d’exemple, à quoi pourrait ressembler une démocratie avec des citoyens tirés au sort dans la pratique. Un système avec un parlement, un conseil d’État, un gouvernement, des référendums et toutes les quatre ans, une évaluation de la gestion de l’ État et des suffrages par tirage au sort.

Le parlement.

Le parlement compte 225 membres, tous élus au sort pour quatre ans.

Les citoyens sont choisis sur la base de la diversité existante dans des domaines tels que l’âge, le sexe, l’appartenance ethnique et l’éducation. Toute personne âgée d’au moins 18 ans, présentant une déclaration de revenus et n’ayant pas de casier judiciaire est candidate au tirage au sort. Le tirage au sort est fait de telle manière que les 225 membres sont répartis équitablement sur les arrondissements de notre pays en fonction de leur population.

Le Parlement est chargé de superviser le gouvernement et les travaux législatifs. Ils élisent parmi leurs membres un gouvernement de vingt ‘excellences’ au maximum.

Les lois sont votées à la majorité simple, sauf s’il s’agit de questions importantes ou de grande portée (à déterminer par le conseil d’État et / ou la constitution) où une majorité des deux tiers est requise. Si une majorité suffisante n’est pas atteinte dans un délai raisonnable, la loi est soumise au Conseil d’État pour approbation.

Être député est un travail à temps plein bien rémunéré. On ne peut être dessiné qu’une seule fois dans sa vie.

 

Le Conseil d’État.

Un conseil d’État d’environ 200 personnes, désigne au sort.

Également ici, les citoyens sont tirés au sort de manière intelligente afin qu’ils reflètent la diversité de notre pays, bien répartis sur tous les arrondissements et à travers les tranches d’imposition (en termes absolus). On pourrait soutenir qu’en travaillant en termes absolus, la tranche d’imposition la plus élevée sera surreprésentée en pourcentage. C’est vrai, mais quelque part, il est logique que ceux qui contribuent le plus aient également droit à une représentation correspondante.Toute personne âgée d’au moins 18 ans, payant des impôts et n’ayant pas de casier judiciaire peut être désignée.

Le conseil d’État est responsable de:

– élaboration des objectifs (programme gouvernemental) du prochain parlement et gouvernement. En concertation avec cinq universités (un groupe différent de cinq tous les quatre ans), le Conseil d’Etat interroge la population pour connaître ses attentes sociétales. Sur la base de ces attents, ils déterminent les cinq grandes priorités pour les quatre prochaines années dans une perspective à long terme.

– adoption de lois pour lesquelles aucune majorité requise n’est trouvée au parlement dans un délai raisonnable.

– évaluation du gouvernement.

Le conseil d’État se réunit plusieurs fois par mois. Les membres sont rémunérés chaque fois qu’ils sont présents au conseil. Ils peuvent être assistés par des experts.

 

Le gouvernement.

Un gouvernement comptant jusqu’à vingt administrateurs. En tant qu ‘«exécutif», il est responsable de l’administration au jour le jour du pays. Un emploi à temps plein de quatre ans rémunéré de manière compétitive.

Ils reçoivent leur mission, les objectifs pour les quatre prochaines années, du conseil d’Etat.

À la fin d’un mandat de quatre ans, le gouvernement et le Parlement sont officiellement évalués par le conseil d’Etat , assisté d’un groupe d’experts indépendants et diversifiés. Evidemment, l’évaluation tiendra compte des circonstances (inattendues) au cours de leur mandat.

Cette évaluation est présentée à la population pour approbation par référendum. En cas d’approbation d’un «bon» rapport, les membres du gouvernement et du parlement ont droit à une pension d’État à vie pour les services rendus, dont le montant dépend du score obtenu.

Le gouvernement et le parlement travaillent en étroite collaboration avec les ministères existants et peuvent bien entendu faire appel à des conseils externes indépendants


Le bien-être de la population s’est-il amélioré?

L’évaluation des institutions doit être vue dans un contexte large et aller au-delà du simple regard sur la manière dont ils ont tous deux atteint les objectifs qui leur ont été assignés.

Il faudra également répondre aux questions suivantes:

  • Comment «l’état du pays» a-t-il évolué au cours des quatre dernières années? Cet état doit être mesuré par une variété d’indicateurs, et pas seulement par la croissance du PIB telle qu’elle est aujourd’hui.
    Parce que «le PIB mesure tout sauf ce qui a de la valeur», comme Robert Kennedy l’a dit succinctement un jour. Il faut donc également prendre en compte les indicateurs mesurant la qualité de vie: environnement, éducation, santé, logement, etc. Voir par exemple le ‘OCDE Better Life Index.
  • Dans quelle mesure tout le monde a-t-il bénéficié de la croissance et du progrès de la prospérité? Dans quelle mesure le sort de tous les habitants du pays a-t-il été amélioré? Évolution des statistiques de la pauvreté, évolution de l’écart entre riches et pauvres, etc.?
  • Dans quelle mesure les désalignements fiscaux tels que «au plus riche, au moins d’impôts», la fraude et l’évasion fiscales ont-ils été corrigés?
  • Quel état se trouve notre droit à l’autodétermination, nos libertés et nos droits fondamentaux? Quel est le score de notre pays dans les indices des droits de l’homme et de la démocratie?
  • Dans quelle mesure se sont-ils montrés féroces au niveau international pour améliorer le sort de toutes les personnes sur terre et pour résoudre les problèmes mondiaux?

 

Référendums.

Ceux-ci peuvent être organisés à la demande du parlement, du conseil d’État ou à la demande de 0,1 pour cent de la population.

De plus, ils doivent s’organiser pour approuver l’évaluation du gouvernement et pour les lois pour lesquelles une majorité des deux tiers ne peut être trouvée dans le conseil d’État après deux tentatives.

A chaque référendum, chaque citoyen reçoit à temps la même lettre d’information, dans la langue de son choix (NL, FR, DU, EN), lettre qui explique clairement l’objet du référendum. Quels sont les avantages et les inconvénients et la portée d’un avantage ou d’un inconvénient pour chaque acteur de la société. Quel est l’impact budgétaire d’un oui ou d’un non.

De plus, un certain nombre de séances d’information sont organisées dans chaque commune afin que chaque citoyen ait la possibilité de participer au référendum en «connaissance des faits». La participation n’est bien entendu pas obligatoire

 

Celui qui n’essaye pas ne peut pas gagner.

Je suis convaincu que le système décrit en gros ci-dessus serait meilleur que l’actuelle centocratie partisane à l’ancienne. Ce n’est vraiment pas une déclaration audacieuse ou exagérée. Parce que quand on voit où le système actuel nous mène, il est presque impossible de faire pire.

Il est également évident que l’intérêt public serait mieux servi, qu’il serait plus efficace et meilleur marché.

Le suffrage par sort est moins élitiste et bien meilleure pour se concentrer sur les choses importantes. Nos représentants (un poste permanent pendant quatre ans) pourront se concentrer pleinement sur l’administration, et ne seront plus paralysés par des jeux et une fièvre électorale permanente.

Mieux pour l’intérêt public, car le fondamentalisme du marché aura moins d’influence. Après tout, les législateurs sont remplacés tous les quatre ans et formellement évalués par le peuple. L’argent ou le problème du ‘nous sommes de la même race’ aura donc moins d’importance.

Si nous voulons un monde meilleur pour tous, nous devrons de toute façon nous éloigner du système démocratique politique actuel.

 

Pouvons-nous réaliser quelque chose comme ça pacifiquement? Je l’espère, mais je ne sais pas. Dans tous les cas, ce sera très difficile. Aucun parti ne voudra une telle chose à cause des ‘postjes, meneer’. De plus, les vrais dirigeants, les «intérêts économiques», résisteront aussi bec et ongles!

 

Je terminerai par une paraphrase d’Abraham Lincoln (1862):

“Nous devons nous libérer de la politique, puis nous pourrons lutter pour un monde meilleur et plus juste.”

 

 

#Citizen participation   #Democracy   #Good governance        #political parties    #Parliament      #Good/Bad practices      #Challenges.   #free markets

Narcisses menacent la biodiversité!

Narcisses menacent la biodiversité! 1563 693 Lhoëst Jean

Fraternité est à l’origine de la France actuelle.

Fin du 18e siècle on comprenait que le morcellement d’un pays en petites régions était très inefficace. Unir, uniformiser, collaborer devenaient la devise pour une croissance incroyable de la prospérité.

Aujourd’hui, deux siècles plus tard, beaucoup veulent faire marche arrière et se retirer de retour dans leurs tribus ….

En effet, partout les lotisseurs nationalistes sont de retour, des USA à La Flandre. Identité et murs sont plus importants que climat ou inégalité ! Grave quand on sait que la doctrine ‘eigen volk eerst’ fût à l’origine de presque tous les génocides du 20e siècle.

Cet évasion vers le passé – le retour à la tribu – nous ne donnera pourtant pas un futur meilleur !

Le nationalisme.

Dans le Dikke VanDale (le dictionnaire le plus connu en Flandre)  on définit le nationalisme comme ‘une aspiration de favoriser et accentuer tout ce qui peut être considéré comme la propre nation, le ‘eigen volk’. Doublé d’une certaine aversion pour l’étranger.’

Mario Vargas Llosa, lauréat espagnol-péruvien du prix Nobel 2010 écrivait que ‘le nationalisme est l’ennemi naturel de la démocratie parce qu’il part de l’hypothèse fausse que c’est un privilège d’être né dans une certaine communauté. C’est ridicule. Le nationalisme contient les germes du racisme.’

Beaucoup d’autres qu’ Einstein (vide supra) ont écrits des mots pas fort réconfortants sur le nationalisme :

  • “Race, Religion, Ethnic Pride, Nationalism does nothing but teach you how to hate people you have never met.” Doug Stanhope, American stand-uo comedian.
  • “Nationalism is like cheap alcohol. First it makes you drunk, then it makes you blind, then it kills you. ” Daniel Fried, American diplomat.
  • Nationalism has a way of oppressing others.” Noam Chomsky, American philospher.
  • “La patrie du sage est le monde.” Héliodore d’Ermesse, écrivain Grecque  (3e-4e siècle avant JC.) .

Frappant, il y très peu de citations de grand penseurs positives sur le nationalisme….

 

Mondialisation face à le parochialisme.

Les défis d’aujourd’hui – évolutions technologiques, changement de climat, le fondamentalisme du marché, surpopulation, globalisation, flux monétaires en d’information insaisissables, fraude et évasion fiscale, vieillissement, pandémies, inégalité, etc. – ne connaissent pas de frontières. Relever ces défis demande une approche globale, pas des délimitations ou des régionalisations….

Mais aujourd’hui on voit le contraire, des Etats Unis à l’Autriche, de Brésil à notre pays… Des populistes et nationalistes de toute sorte construisent des nouveaux ‘murs de Berlin’, ferment les frontières, excluent des gens, plaident pour une ‘sécurité sociale’ exclusive pour leur tribu…. Au lieu de plus de collaboration, on s’enfonce de plus en plus dans le pétrin sans issue du ‘eigen volk eerst’.

Les ‘marchés’ se globalisent, l’Europe s’effrite (cfr BREXIT, l’approche du corana virus). Et en Belgique….

 

Le narcissisme des petites différences’ fleurit !

 

 

 

 

 

Le VB et la NVA  excitent les guerres tribales de plein fouet.

‘Grâce’ à ce narcissisme, nous n’avons pas encore un gouvernement de plein pouvoir, la gestion de la crise corona est plus difficile que nécessaire, la chamaille politique prospère, les vrais problèmes sociétaux ne sont pas abordés, le parlement est au chômage technique à nos frais, etc.

Prenez le problème climatique. Le climat s’en fout des frontières. Nous n’avons pas de plan climatique, digne de ce nom, mais bien quatre ministres pour le climat ! Qui fait mieux ? Ridicule, de la folie et une plaisanterie très chère !

Dernièrement je lisais dans le journal : Nouvelle histoire belge: notre pays est le seul à s’abstenir au sujet de l’octroi de 37 milliards d’aide Européenne  pour lutter contre l’épidémie car la Wallonie serait “avantagée” (fake news d’ailleurs !), selon la NVA.’ Et puis s’étonner (soi-disant) que ce pays n’est plus gouvernable.Honteux et ridicule !

 

Non au nationalisme.

Tout comme mon ADN m’empêche d’aimer un homme, il m’empêche d’ embrasser le nationalisme. Je suis hétéro de tout point de vue

Je n’ose pas m’imaginer un selfie avec des partisans derrière un drapeau. Trois choses que je n’aime pas.  Je ne suis qu’un simple mec comme il y en a des milliards d’autres, ni plus ni moins. Libre, indépendant et sans drapeau!

Les crédos du nationalisme : ‘eigen volk eerst’ ; exclusion, règlitis ; soutien exclusif pour le tribu ; dictature de la majorité ; dénigrer et diaboliser les ‘autres’ ; chercher des boucs émissaires pour toutes sortes de choses, etc..

Ces crédos sont pour moi des non-crédos ! Pour moi, surpasser les différences (diversité) est source de progrès, de richesse et de bonheur.

Chacun sa conviction, mais on ne me verrai jamais manifester pour le ‘eigen volk eerst’ derrière un drapeau !!!

 

Non à l’inceste.

‘Une certaine aversion pour l’étranger.’ Et moi… je suis attiré par l’autre, par l’étranger. Des nouveaux horizons et des autres nombrils. J’aime écouter les autres. Passionnant et enrichissant. Est-ce que Hegel ne nous a pas appris que le choc entre nos idées (la thèse) et ceux des autres (antithèse) fait naissance à une meilleure idée (synthèse) ?

Se retire dans son tribu est l’équivalent idéologique de l’inceste avec les mêmes conséquences : appauvrissement, détérioration et affaiblissement. Pas pour moi svp.

 

Non aux exclusions.

Le nationalisme veut réserver ma contribution exclusivement pour mon tribu. Indépendamment des effets économiques pervers d’une telle limitation, je ne veux pas des limitations. Chacun a droit à une vie digne. Je veux donc être solidaire avec chacun, sans frontières et sans distinction de race, langue, origine, couleur de chemise ou longueur de zizi.  Pas d’exclusions. J’aimerais d’ailleurs qu’une partie de mes contributions serait versée dans un fond international pour la lutte contre la pauvreté et l’inégalité. Pour tous et toutes !

 

Non à la prétention.

Finalement, c’est assez prétentieux de croire que le ‘eigen volk’ est mieux que les autres ou que sa culture serait le sommet de civilisation. Prétendre qu’on est mieux ou plus capable que d’autres implique aussi que ces autres sont un peu moins bien ou capable… Avant qu’on le sache, un tel discours se transforme en polarisation, discrimination et exclusion. On commence à voir les autres comme des traitres, des boucs émissaires et des ennemis, même dans son propre pays !

De prochain à lointain, adversaire parce qu’on pense ou est autrement…!

Ce petit jeu ne m’intéresse pas. Je ne suis pas mieux ou plus mauvais, plus ou moins capable, que quelqu’un d’autre, seulement un peu autre. Il y des bons et des mauvais partout. Cela dépend des critères qu’on utilise. Et heureusement, il n’y a pas de critères universelles, mais bien une déclaration universelle de droits de l’homme !

Et parfois des vérités universelles comme Yin-Yang ou ‘contraria complementa sunt’ : les oppositions sont complémentaires. Avec des ‘partisans’ je m’ennuie, avec des autres je m’enrichis. Si je devrais me confiner à des partisans… je commencerais à m’approfondir dans l’euthanasie…

 

Tags:   #Nationalism   #Fraternity   #Unite/divide   #Belgium   #Political parties    #Challenges